La douceur des soirées espagnoles…

A la question : « Qu’est-ce-que ça t’a aporté de faire ce voyage? » , je serai tenté de répondre : « Fais-le et tu verras. » :) .

En réalité, il ne faut pas croire qu’on en tire une « vérité » générale sur le monde comme s’il s’agissait d’une « révélation ». Ce qu’on apprend au cours d’un tel voyage ne concerne finalement que soi et personne ne vivra la même chose sur le même trajet. Pour ma part, je dirai en gros que je me suis « surpris », que j’ai appris à relativiser davantage et que j’ai pu me rendre compte à quel point on a toujours besoin des autres, et ce même en voyageant seul.

Je n’ai aucun doute sur le fait que je referai ce voyage, probablement par un autre chemin et à pied, et je le conseille vivement à tout ceux qui pourraient encore hésiter. C’est vrai que c’est difficile, mais c’est comme tout, il faut  s’en donner les moyens. :)

Enfin, je crois que bien peu de personne peuvent imaginer à quel point j’ai pu apprécier le verre de rosé sous les étoiles de Santiago, un moment inoubliable…

Après l’archéo, un autre rêve de réalisé… :)

23ème jour – 24 août 2007 -> Santiago

Je me suis levé assez tôt cette journée là, avec un grand sourire et un soleil radieux. Déjà un peu nostalgique de mon voyage qui touchait à sa fin et en même temps heureux de voir que j’allai atteindre mon objectif (depuis le temps que je voulais le faire quand même!).

J’ai pris mon petit déjeuner tranquillement au camping, café au lait y croissant, puis je suis allé ranger mes affaires et replier ma tente et encore une fois charger mon vélo.

J’ai quitté le camping à 10h. Sur la route, j’ai tout de suite croisé des pélerins, à pied ou à vélo. Je n’avais même pas à chercher la route, il suffisait de suivre « le flux ». Je suis allé au sommet du Mone de Gozo, apparemment Jean-Paul II y avait fait organiser les JMJ en 1989. De là-haut, on surplombait Santiago et on pouvait apercevoir la cathédrale et puis on avait une superbe vue sur toute la Galice. C’était étonnant de voir comment les pélerins avançaient. On était à la fois pressés d’arriver et en même temps on s’arrêtait tout les 50 mètres pour profiter encore au maximum du chemin et du voyage en retardant sa fin le plus possible. Au final, « l’intérêt » du pélerinage n’était pas, selon moi, l’arrivée à la cathédrale de Santiago, mais bien le trajet et le cheminement.

J’ai comme tout le monde fini par reprendre la route et je suis arrivé à Santiago à 10h30 environ. Je ne vous cacherai pas que l’arrivée en ville réussit à émouvoir tous les pélerins et que je n’ai pas dérogé à la règle. J’ai continué de suivre le flux de pélerins (à croire qu’ils constituent la moitié de la population de Santiago je vous assure) et au détour des rues je voyais la cathédrale s’élever. Je suis descendu de vélo à l’entrée dans la vieille ville pour pouvoir profiter de ces derniers instants de chemins. Je suis finalement arriver sur la place de la cathédrale.

C’était impressionnant. Tout ce monde. Beaucoup de touristes, mais énormément de pélerins. Et là, tout le monde se félicite, s’embrasse, s’accolade, se serre la main. Puis, machinalement la plupart des pélerins s’assied par terre pour contempler cette cathédrale qu’on a tous rêvé d’atteindre, parfois depuis des mois.

Je suis resté là assis pendant une bonne demi-heure. Je suis ensuite aller poser mon vélo dans un coin de la place et j’ai monté les marches qui menaient jusqu’à la nef centrale de la cathédrale. J’ai fait un tour assez rapide d’abord de l’intérieur puis j’ai fait comme tout le monde, je suis aller m’assoir en attendant que la messe pour les pélerins commence. Quand j’ai vu le monde qu’il y avait pour y assister je me suis vraiment trouver chanceux d’avoir pu trouver un siège de libre.
La messe a commencé à midi, en espagnol bien entendu (d’ailleurs, c’est là que j’ai réalisé que j’avais vraiment amélioré ma compréhension orale en espagnole :) ). Alors cette messe commence par la lecture de la liste du nombre de pélerins de chaque nationalité arrivés la veille et de leur points de départ. Rien que pour ça il y en avait pour presque 10 minutes et il parlait aussi vite que s’il commentait les marchés boursiers sur France Info, alors autant vous dire que nous sommes nombreux à faire ce pélerinage.

Un autre moment fort qui m’a un peu surpris, moi qui ne suis pas coutumier des offices religieux,vers la fin de la messe, je n’avais pas compris ce qui venait d’être dit et tout d’un coup tout le monde a commencé à se serrer la main et s’embrasser. Alors, je ne sais pas si ça se fait dans toutes les messe, si quelqu’un peut m’éclairer à ce sujet…En tous cas, ce qui m’a fait halluciner c’est la manière dont ça s’est fait, en l’espace d’une seconde toute la cathédrale s’agitait et était pleine de gens (j’insiste sur le « pleine ») qui se souhaitaient de bonnes choses et qui s’embrassaient. Pour peu que votre regard croise celui de quelqu’un d’autre et vous devez aller à sa rencontre pour l’embrasser ou lui serrer la main. Alors ça a duré peut être une à deux minutes, mais c’était vraiment surprenant et « sympathique » à la fois.

Puis, est venu le moment que beaucoup de pélerins, et non-pélerins d’ailleurs, attendaient, celui du basculement du fameux encensoir de Santiago.  Ils ont dpu se mettre à huit pour le faire soulever et le faire danser. Pour la petite histoire, à l’origine il semblerait qu’il servait surtout à masquer les mauvaises odeurs des pélerins, sympa non?! C’est incroyable de voir à quelle hauteur ils le font monter, et avec quelle maîtrise parceque vu son poids ça ne doit vraiment pas être simple et il vaut mieux avoir une bonne mutuelle santé si l’un d’entre eux lâchait la corde. La messe s’est terminée très peu de temps après.
Je me suis ensuite rendu au bureau des pélerins pour obtenir la compostela, l’attestation délivréepar l’Eglise prouvant que j’avais bien fait le pélerinage. Après ça, je suis allé me renseigné sur les moyens de transport pour rentrer à Paris. J’ai eu plusieurs possibilités : démonter mon vélo, le mettre dans une sacoche pour prendre le train jusqu’à Hendaye et ensuite un autre jusqu’à Paris, sinon démonter mon vélo, le mettre dans une sacoche et prendre l’autobus directement jusqu’à Paris, ou bien prendre 4 trains régionaux en Espagne jusqu’à Irun passer la frontière et aller jusqu’à Hendaye à vélo et reprendre un train de nuit jusqu’à Paris. Et devinez laquelle des trois options a eu mes faveurs…? et ben je vous le dirai plus tard héhé!!

Après tout ça, je n’avais plus qu’une envie, aller me reposer un peu, et avoir un « chez moi ». Je suis donc allé au camping, le seul de la ville et dans les hauteurs bien entendu. J’y ai planté ma tente, mangé un peu et fait une petite sieste. Dans l’après-midi je suis retourné en ville pour compléter ce blog. En sortant du cyber, devinez sur qui je suis tombé? Mes amis tchèques. On a décidé de dîner ensemble au restaurant de fruits de mer. Surprenant n’est-ce-pas? Moi qui n’aime pas vraiment ça! Mais il faut dire que c’était quand même bon et que Philip et Lukas n’ont pas l’habitude de ce genre de plats et qu’ils étaient très curieux d’y goûter. On s’est quitté à minuit, ils reprenaient le train pour Hendaye et Paris le lendemain matin ils avaient opté pour la première option eux.

Mon arrivée à SantiagoMon arrivée à Santiago

La cathédrale de Santiago, enfin!La cathédrale de Santiago, enfin!

L'intérieur de la cathdrale, beau n'est-ce-pas?!L’intérieur de la cathdrale, beau n’est-ce-pas?!

Au restaurant avec Philip et Lukas, ils sont un peu timides alors ils essayent d'esquiver, désolé :)Au restaurant avec Philip et Lukas, ils sont un peu timides alors ils essayent d’esquiver, désolé :)

On n'a pas réussi à savoir ce que c'était comme fruit de mer, alors si quelqu'un peut nous éclairer?On n’a pas réussi à savoir ce que c’était comme fruit de mer, alors si quelqu’un peut nous éclairer?

La place de la cathédraleLa place de la cathédrale

Me voilà sur les hauteurs de SantiagoMe voilà sur les hauteurs de Santiago

« Ce que tu vis au sommet te change profondément et te devient indispensable… » Anonyme

Des bêtises…

Des belles marques de bronzages, et celles-ci elles datent, aujourd'hui j'ai aussi les bouts des doigts bronzés!Des belles marques de bronzages, et celles-ci elles datent, aujourd’hui j’ai aussi les bouts des doigts bronzés!

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Dany Boon ne raconte pas que des âneries. Le sketch du K-Way, et ben C’EST VRAI!

22ème jour – 23 août 2007 -> San Marcos

Je n’ai pas trop traîné pour me lever, je voulais compléter un peu le blog et le cyber ouvrait à 10h30. J’ai donc pris mon petit déjeuner au même bar que la veille et suis parti au cyber pour l’oubverture. Je l’ai complété jusqu’à 11h environ, puis, sachant que j’avais encore de la route à faire si je voulais être à Santiago le lendemain matin, je suis parti.
La route a été encore vallonée sur une bonne cinquantaine de kilomètres, la suite a été plus plate avec des montées mais moins difficiles, sur de plus longue distance mais moins pentues.
L’objectif de la journée était d’aller jusqu’à Lavacolla (y’en a qui peuvent chercher un jeu de mot graveleux, ça vient bien de là) pour n’avoir plus qu’une dizaine de bornes à faire le vendredi matin.
Après quelques soucis d’ordre technique, mon porte bagage, que j’ai réparé grâce à l’aide des autres pélerins j’ai pû dépasser Portomarín, Palas de Rei, Melide et Arzúa. Pour le porte bagage ce n’est pas « my personal extension » comme l’ont surnommé mes amis tchèques qui a cédé, mais le porte-bagage lui-même, donc papa, ton travail n’est pas remis en cause, merci encore.
J’ai hésité à m’arrêter à Arzúa vu l’heure, un peu plus de 18h et que Lavacolla était à près de 30 kilomètres. Puis, mon égo m’a poussé à continuer, de toute manière en Espagne à 18h, il commence leur après-midi, alors si j’arrive pour 19h30 ce ne sera pas bien grave.
Finalement je suis arrivé à San Marcos, 5 kilomètres après Lavacolla, à 20h30. Il n’y avait pas d’albergue ni de camping à Lavacolla, ça m’a surpris. J’ai donc construit une nouvelle fois ma maison dans un camping un peu désert mais pourtant très bien.
Mon objectif était atteint. Vendredi matin, après exactement 3 semaines de voyages, je n’aurai que 7 petits kilomètres exactement, à faire jusqu’à la cathédrale de Santiago de Compostela pour assister à la messe quotidienne dédiée aux pélerins.

PortomarinPortomarin

Santiago n'est plus très loin maintenantSantiago n’est plus très loin maintenant

« En rugby, il y a ceux qui jouent du piano et ceux qui les déménagent. » Pierre Danor

21ème jour – 22 août 2007 -> Sarria

J’ai fait un rapide petit tour de Ponferrada le matin avant de partir. Le château est vraiment très beau. Il ressemble à celui des livres pour enfants, il est petit et avec des grosses pierres arrondies, j’aime bien.
J’ai pris la route pour Villafranca del Bierzo avant de m’attaquer aux cols et pics sur chemin de Sarria. J’y ai pris un petit déjeuner et fait tamponner une fois de plus mon credencial. Le temps était beau, et clair.
Puis, j’ai commencé la montée vers O Cebreiro et le col du Cebreiro (à 1300 mètres) qui mène en Galice. Une fois arrivé à Piedrafitta (je crois que c’est bien comme ça que ça s’appelle, je vérifierai), j’ai fais une nouvelle pause déjeuner cette fois, au menu : pain, gruyère et saucisse sèche(il faut admettre que les espagnols sont meilleurs que nous pour ça) mais le temps c’est considérablement dégradé entre temps et j’ai encore eu de la pluie et du brouillard. En fait dès qu’on dépasse les 1000 mètres d’altitudes c’est comme ça. Ca m’a vraiment rappelé mon ascension du col du Somport. Je me suis changé pour avoir quelque chose de chaud sur moi et mon coupe vent.
Après le col du Cebreiro, il y a eu de belles descentes, mais sur la route de Compostelle, la phrase : « Quand il y a une montée, c’est qu’il y a une descente. » ne fonctionne pas. C’est l’inverse, après une descente on a toujours une montée! Alors on prie pour ne pas trop descendre, je vous assure que c’est vrai, même si ça peut être agréable descendre on sait qu’on va devoir remonter ensuite. J’ai donc eu comme je m’y attendais, deux pics qui se sont enchaînés ensuite, el Alto de San Roque à 1270 mètres et el Alto del Poïo (et pas el Monstruoso Pollo de Guybrush, Ramine…quoique).
Enfin, j’ai quand même eu droit à une bonne descente vers Triacastela ou j’ai fait ma pause goûter (oui je passe mon temps à manger, et même quand je pédale alors vous savez…). La route vers Sarria était ensuite vallonée, avec un bref passage par Samos.
Je suis arrivé à Sarria vers 18h. J’ai très vite compris qu’arrivée en Galice, les pélerins se font encore beaucoup plus nombreux, et d’après ce qu’on m’a dit les albergues sont complètes dès 13h. Vu qu’il n’y avait pas de camping à Sarria je me trouvais un peu coincé, même les auberges privées affichaient complètes. Je suis allé à la policia local pour leur demander si le centre sportif allait être ouvert pour les pélerins sans logement :), c’est ce qui se fait normalement. Sauf que, là encore, les horaires espagnoles…la policia était fermée. J’ai donc décidé d’attendre que la patrouille revienne, en prenant un cafe con leche (grande) dans le bar d’en face. Après discussion avec d’autres pélerins dans la même situation que moi on est parti à la recherche de quelques pélerins prêts à dormir dans le centre sportif, il ne serait ouvert que si nous étions 15 au minimum. Au final, nous n’avons pas suffisament de personnes mais nous avons trouvé une personne qui nous proposait des chambres pour 6 euros la nuit. On a sauté sur l’occasion et pour quasiment le même prix que dans les albergues de peregrinos, nous avons eu des chambres individuelles et pas des dortoirs, avec un garage pour les vélos, l’électricité, l’eau et la possibilité de rester le lendemain jusqu’à 11h environ. On a donc dû faire le bon choix je pense.
J’ai été faire un rapide tour sur le net ce soir là mais j’y retournerai jeudi matin.

Château de PonferradaChâteau de Ponferrada

Coyez le ou pas, mais je vous jure que c'est pas une vache!Coyez le ou pas, mais je vous jure que c’est pas une vache!

« Dieu a donné à l’homme un sexe et un cerveau, mais pas assez de sang pour irriguer les deux en même temps. » Anonyme

Voyage à vélo de Montpellier à Saint Jacques de Compostelle, jour après jour.